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Turquie : L’univers féerique de la Cappadoce

La route est longue même très longue depuis Istanbul pour atteindre l’étonnante Cappadoce. Les kilomètres paraissent interminables lors de la traversée de l’immense plateau de l’Anatolie centrale. Passée la capitale Ankara, un paysage monotone s’étend à perte de vue avec son alternance de steppes et de champs de céréales bordés de haies de peupliers …

Se détachant peu à peu de l’horizon, elles sont là, lointaines mais bien visibles, les silhouettes de deux volcans : l’Erciyes dagi et l’Hassan dagi. Placés comme des sentinelles veillant sur leur propriété, leur éruption est à l’origine des spectaculaires paysages de la Cappadoce, un lent travail d’érosion durant des milliers d’année a fait le reste … et le résultat est tout simplement féerique.

Des paysages nés du feu du vent et de l’eau

Petit matin dans la vallée de Devrent ; une route sinueuse et au détour d’un virage le relief si particulier de la région se dévoile à nos yeux. Un paysage chaotique et érodé formé d’une forêt de pics, de cônes et d’aiguilles … Le soleil matinal par ses rayons obliques et les ombres qu’il dessine accentue les contrastes de ce panorama unique.

Fin prêt pour la balade pédestre, la découverte se poursuit entre ces étonnantes formations rocheuses en parcourant des sentiers poussiéreux : de véritables labyrinthes !

La palette des teintes du paysage est infinie allant du rouge au vert en passant par l’ocre, le blanc ou le jaune. Une couleur qui évoque le soufre histoire de nous rappeler que nous sommes dans une région volcanique …

Tout a commencé ici il a environ trois milliards d’années par une éruption cataclysmique, un brutal déluge de lave et de cendres qui recouvre toute la région. Des couches de roches volcaniques de nature et de dureté différentes : du basalte dur, de couleur sombre et du tuf, une sorte d’agglomérat sablonneux clair et friable. La suite ? C’est le vent et l’eau qui ont œuvré lentement, même très lentement … Une érosion progressive qui a façonné au cours des temps la Cappadoce pour donner ce paysage extraordinaire composé par les symboliques « cheminées de fées ».

En voilà quelques unes, juste devant nous, elles ont fière allure avec leur coiffe de basalte qui les chapeaute. Ces formations caractéristiques, véritables sculptures naturelles, sont le résultat d’un phénomène d’érosion très particulier : un bloc de basalte très résistant protège la roche tendre de l’effet du ruissellement des eaux … jusqu’à ce qu’il chute. Agressée par les éléments, la colonne auparavant épargnée s’érode lentement se transformant ensuite en cône puis en sable et poussière...

Une poussière qui vole derrière nos pas et des cheminées de fées dont les parois s’effritent en sable sous l’effleurement des doigts !

L’imaginaire des hommes a souvent comparé les groupes de cheminées de fée à des demoiselles coiffées ou à des pénitentes priant la tête penchée en avant, mais les comparaisons ne s’arrêtent pas là.

« Regardez ici, on dirait des fées siamoises ou là, une silhouette de vierge assise », un peu plus loin ce serait même un chameau … pétrifié ! C’est vrai que la formation rocheuse ocre qui domine la colline ressemble vaguement à un camélidé avec ses deux bosses. Est-ce mon esprit de contradiction ? Mais j’avoue que je ne vois ici comme seuls animaux (mais bien vivants) que quelques vaches broutant paisiblement l’herbe du petit vallon en contrebas …

Un habitat semi-troglodytique et des villes souterraines

D’autres cheminées (de pierres) dominent la falaise du village d’Ürgüp, mais celles-là sont des cheminées de fées … du logis. Ces conduites émanent des habitations semi- troglodytiques creusées dans la colline.

Des demeures rupestres agrippées aux falaises dont certaines sont encore habitées de nos jours, les pièces sont creusées dans le tuf et l’ouverture extérieure donne sur de mignonnes petites cours entourées de murettes.

En descendant les ruelles de la partie ancienne du village on peut constater que certaines maisons sont abandonnées comme celle devant laquelle nous passons maintenant, pourtant son entrée est ornée d’un superbe porche en pierre ; d’autres parfaitement restaurées font le bonheur d’estivants enthousiastes à l’idée de passer des vacances dans ces maisons au charme authentique.

A seulement quelques kilomètres de là, se trouve le village d’Uçhisar, certainement le plus pittoresque de toute la Cappadoce … mais aussi le plus visité. Imaginez un piton rocheux massif, dominant les vallées alentours, laissant apparaître des centaines d’orifices à l’image d’une véritable fourmilière. Trouée, percée, creusée de refuges et de galeries cette colline de roche tendre a été aménagée en abris puis en habitations depuis l’époque des premiers occupants de l’Anatolie, les Hittites. Séduits par la situation unique de ce lieu, ils avaient tout aménagé pour abriter en cas de siège toute la population du village jusqu’aux tunnels permettant de se ravitailler en nourriture ou le cas échéant de s’enfuir !

Mais les cappadociens, pour se protéger des hordes d’envahisseurs, avaient imaginé une stratégie défensive encore plus élaborée avec la construction ou plutôt le creusement de villes souterraines !

Saratli, un petit hameau rural au milieu de champs de céréales baignés par la douce lumière d’un soleil de fin d’après-midi, quelques maisons de pierre séparées par un chemin de terre… mais là n’est pas l’intérêt de la visite. C’est le sous-sol que nous sommes venus découvrir. Une fois les claustrophobes invités à rester à la surface, la visite peut débuter.

Cela commence par une porte entourée de linteaux de pierres … après c’est le règne du noir. S’ensuivent des pas à tâtons guidés par les mains qui longent les parois terreuses puis un passage dans un long corridor, bien étroit pour les plus corpulents ! Ensuite, place à une succession de marches et de couloirs éclairés par la très faible lueur de lampes électriques disposées parcimonieusement le long du parcours … le temps d’un éclair et je pense à la joyeuses panique qui ne manquerait pas de s’installer si l’électricité venait à être coupée dans ce vrai dédale … çà y est, nous voilà arrivés dans la première pièce. Une imposante meule de pierre est posée à côté de l’entrée, elle servait en cas d’attaque à bloquer l’ouverture du tunnel.

Des cités souterraines comme à Saratli, il y en a 37 dans toute la Cappadoce, toutes étaient composées de plusieurs étages avec de multiples chambres, cuisines, entrepôts reliés par des galeries. L’aération se faisait par des corridors et l’approvisionnement en eau par des puits creusés dans l’étage le plus profond, rien ne manquait. Il y avait même des écoles et des églises dans ces « taupinières ».

La plus vaste de ces cités, celle de Derinkuyu pouvait dit-on rassembler près de 10 000 réfugiés !

De vrais artistes … mais anonymes

Un peu à l’écart des paysages lunaires, au milieu de la plaine nous arrivons à Avanos. Un bourg tranquille réputé pour les réalisations de ses potiers. D’ailleurs impossible de ne pas s’en rendre compte, les étalages et les ateliers de poterie se succèdent le long de la route principale. Des potiers qui utilisent le limon (chargé de minerais de fer) de la rivière rouge dont les eaux coulent prés du village. Un artisanat local traditionnel reconnaissable aux motifs géométriques caractéristique de la décoration des pots en terre cuite de la région.

Mais dans cette bourgade d’autres artistes, plus discrètes, oeuvrent dans leur atelier. Des femmes aux doigts de fées tissent des tapis en utilisant la technique traditionnelle turque : le double nœud, appelé par les puristes, le nœud de Ghiordes.

Le maître des lieux nous reçoit très sympathiquement, les explications très précises sont données dans un français irréprochable. Les tisserandes ? Elles sont là, devant nous, joliment habillées d’une tenue grenat et les cheveux couverts d’un foulard aux motifs fleuris. Des regards constamment fixés sur leurs ouvrages témoignent d’une concentration et d’une attention permanente. La réalisation d’un tapis en fil de soie demande un travail répétitif et éreintant surtout pour la vue. Jugez plutôt : quatre heures de travail quotidien rythmées par des pauses indispensables, dix minutes toutes les demi-heures puis quinze minutes tous les quarts d’heures ! Huit à douze mois sont nécessaires pour confectionner un tapis d’un mètre carré !

Un record est attribué à cet atelier avec la réalisation du tapis ayant la plus importante densité de nœuds au cm2 : 676 ! Une prouesse dont le résultat est un vrai chef-d’œuvre. Alors ouvrières ou plutôt artistes, ces tisserandes ? L’une d’entre elle ralentie la cadence de ses gestes afin de nous montrer la technique : elle prend le fil vertical l’entoure délicatement à deux reprises par un fil de soie coloré qu’elle tire puis coupe et enfin tasse régulièrement l’ensemble avec un peigne métallique.

La visite s’achève par l’incontournable présentation des modèles dédiés à la vente … ces fabricants de talent n’en demeurent pas moins de redoutables commerçants. Sourires, marchandages, verre de raki (anisette turque) offert à chaque visiteur. Certains repartiront avec sous le bras la photo et le certificat du tapis acheté … dans deux mois ils le recevront livré à leur domicile. Du moins, on l’espère pour eux !

Une vie et une économie de tradition rurale

Décidément ce petit verre de raki pris à l’heure de l’apéritif, nous a ouvert l’appétit. Il ne sera pas difficile de trouver pour se restaurer un lokanta (petit restaurant local) quelques kilomètres plus loin dans le village de Göreme, haut-lieu touristique de la région. D’abord il y a le décor du site, des falaises en forme de cirque creusées d’habitations et aux abords du bourg des groupes de superbes aiguilles rocheuses : une vue de rêve pour déjeuner en terrasse. Quelques meze en entrée, les traditionnels hors d’œuvres turcs suivis d’un iskender kebab, de la viande grillée servie sur des tranches de pain accompagnées de yogourt, l’assortiment a une saveur assez surprenante ! Ensuite petite promenade digestive parmi les cultures en terrasses qui bordent la falaise. Là, sont plantés en rangs serrés et rectilignes quelques arpents de vigne au milieu de gigantesques colonnes de tuf.

Car la région très visitée depuis le développement du tourisme demeure avant tout une terre de tradition agricole. Même s’il y a sur les petites routes quelques tracteurs, on croise encore beaucoup de charrettes tirées par de braves ânes. D’autres cultures constituent les principaux revenus des paysans cappadociens : des légumes sont cultivés dans les vergers sur des terres fertiles au fond des vallons, des céréales avec le blé mais aussi des arbres fruitiers, oliviers, figuiers et surtout abricotiers. Mais cette année la récolte d’abricots est bien faible, c’est le résultat d’un printemps précoce suivi d’une fine pellicule de neige tombée début mars.

« Une matinée de gel tardif et voilà la production annuelle compromise » me confie Murat qui connaît bien la région. Il est loin le temps où la richesse des habitants de la Cappadoce était étroitement liée au nombre de pigeons qu’ils possédaient. La récolte des fientes destinées à servir d’engrais pour les cultures était une bonne source de revenu. Des pigeonniers, par centaines, sont encore bien visibles, creusés en haut des falaises et des cônes de tuf dans une vallée proche appelée comme il se doit : la vallée des pigeonniers.

Eglises rupestres et fresques chrétiennes

Provenant de la bourgade de Göreme, c’est maintenant le chant lancinant et répétitif du muezzin qui retentit dans toute la vallée. Une voix nasillarde diffusée depuis les haut-parleurs du minaret de la mosquée. Une ambiance sonore typique qui rythme les journées en Turquie, état laïque mais dont les habitants sont en majorité de confession musulmane.

Ici, la tradition religieuse est ancienne … mais la région n’a pas toujours été musulmane. En effet la Cappadoce est le berceau d’un culte chrétien très ancien, le monachisme cappadocien. Une religion inspirée par les Pères fondateurs de cet ordre, Basile, évêque de Césarée et son frère Grégoire, lui évêque de Nysse. Adeptes de la vie en communauté le quotidien des moines était ainsi rythmé par les sept prières journalières, les travaux manuels et une forte tradition d’hospitalité.

Témoignages encore présents de cette époque les dizaines d’églises creusées dans les falaises de tuf de la région : ce sont les trésors de la chrétienneté d’Orient. Visite …

Un petit escalier métallique qui tremble sous les pas nous permet d’accéder à la petite église de Carikli Kilise, une grotte façonnée dans la roche friable transformée en lieu de culte par les moines en l’an 965. Une grande partie de l’ensemble monastique alentour est effondré, des pans entiers de voûte se sont éboulés laissant à la vue des visiteurs, quelque peu surpris, des parties de fresques bien délavées.

Les peintures les mieux conservées sont à l’intérieur de la petite chapelle, parmi les plus belles de toute la Cappadoce. La voûte et les parois latérales de la nef sont entièrement couvertes de fresques dessinées par des moines anonymes dès le XI ème siècle, laissant découvrir une large palette chromatique où prédominent les tons rouges. Ce sont treize épisodes de la vie du Christ qui sont représentés ici ainsi que des scènes traduisant l’hospitalité d’Abraham. Le Christ apparaissant entouré d’une Vierge Marie et d’un saint Jean.

Les fresques peintes dans l’abside et les absidioles ont perdu de leur éclat, les teintes sont claires se confondant presque avec la couleur jaunie de la roche. « C’est le résultat de l’effet de la lumière ! » explique le guide avec une voix forte qui résonne dans cette caverne dédiée autrefois au recueillement silencieux. En effet l’entrée de la chapelle fait face à l’abside et la luminosité directe a fait disparaître avec le temps les pigments colorés des peintures. Dommage !

Après une telle constatation, il est aisé de comprendre pourquoi l’utilisation de flashs pour la prise de photos à l’intérieur est strictement interdite … même si quelques touristes récalcitrants semblent l’accepter à contre cœur. Heureusement, depuis 1985, ces églises fragilisées par les infiltrations d’eau mais aussi par le passage des visiteurs sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco et bénéficient à ce titre d’un programme de restauration.

Finalement cette Cappadoce a tant de charme avec ses fascinants paysages, ses églises et ses habitations rupestres sans oublier les traditions de sa population rurale qu’il est déchirant de la quitter afin de poursuivre son périple … car assurément au pays des cheminées de fées, le dépaysement est toujours magique.

Jean Saint Martin (Absolute Travel Mag)

A savoir

La Cappadoce est située au cœur de l’Anatolie et l’éloignement des aéroports et des autres villes touristiques de Turquie est par conséquent relativement important. A titre d’exemple : la région est à 750 km d’Istanbul, 540 km d’Antalaya et 320 km d’Ankara (distances par liaisons routières). Heureusement les principales curiosités de la région sont groupées dans le triangle d’or de la Cappadoce rupestre délimité par les agglomérations d’Avanos, Ürgüp et Uçhisar. Au centre, se trouve le village pittoresque de Göreme (bureau du tourisme).

A l’écart des sites les plus fréquentés : le canyon d’Ilhara (randonnée et églises) et le village de Soganli valent le détour.

Pour la découverte :

Les possibilités offertes aux visiteurs sont nombreuses. Des visites tranquilles en voiture de location ou circuit organisé, plus sportives en VTT, à cheval ou à pied.

La Cappadoce est un paradis pour les balades pédestres : sentiers au milieu des cheminées de fées, vallons encaissés et halte contemplatives dans les églises rupestres … avec en prime les rencontres avec la population locale.

Une préférence, partez en randonnée le matin ou en fin d’après-midi afin d’éviter les heures très chaudes et afin de bénéficier d’une meilleure luminosité pour admirer les paysages. Une vision aérienne est possible avec le survol des fantastiques paysages en montgolfière. Un must !

A ramener :

Des souvenirs visuels exceptionnels par milliers … des tapis et poteries d’Avanos, des fruits secs (figues, abricots et noisettes) mais aussi des objets en onyx (vases, bibelots, bijoux …) façonnés dans la région.

 

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