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Göreme : la vallée à l'agonie

Goreme est une vallée insolite de Cappadoce. Elle renferme, citadelles, villes troglodytes et les "cheminées des fées". Friables, ces demeures utilisées depuis mille ans sont condamnées à disparaître.

Pour atteindre cette vallée étrange et intemporelle, il faut tout d’abord quitter la civilisation moderne. La route nationale quitte Ankara par le sud et dessine ses vallons, sur le plateau anatolien, sans jamais dévier de cap. Il faut ensuite se débarrasser de la pensée occidentale. Arrivée à un immense carrefour, la route poursuit droit vers la sud et la mer méditérannée. Loin à droite, la ville de Konya connue pour ses "Derviches tourneurs", à gauche l’immensité de la partie sauvage et aride du plateau anatolien.

La Cappadoce en est le début. Le climat est plutôt rude en hiver, le froid y est vif et le vent s’allie pour créer des lames virtuelles et glacées, tranchant les peaux et les cuirs animaux. Pourtant, c’est un constat, la Cappadoce a toujours été habitée. Dès que l’homme a eu l’idée de modifier son environnement à sa convenance, il a su tirer parti de l’étrange particularité du relief de la région.La facilité de travail du tuf y étant, sans doute, pour beaucoup.

L’homme a crée toutes sortes d’habitations troglodytes, de la simple maison de paysan, en passant par la forteresse jusqu’à des villes entières souterraines comme à "Derinkuyu" et "Kaymakli". Ces dernières pouvaient contenir jusqu’à deux cent mille personnes et s’étendaient sur quatre kilomètres carrés et sept étages!

La porte de la Cappadoce est Uçhisar : les trois châteaux. Pourtant, une seule citadelle, entièrement creusée dans un éperon rocheux, surplombe la ville troglodyte et la ville nouvelle. Le mariage entre la roche et l’habitation est si intime que seul l’effondrement partiel de la forteresse rappelle qu’elle a été roche brute. L’ascension est plaisante. Les escaliers serpentent de l’intérieur vers l’extérieur et au sommet, la vue est insolite et silencieuse.

Derrière la citadelle s’étend la vallée qui conduit à Göreme, d’ailleurs, très proche. C’est une vallée tortueuse et torturée. En hiver, la couverture neigeuse uniforme renforce encore l’impression désertique et c’est certainement pour cette raison que les chrétiens, fuyant les agressions musulmanes, cherchèrent refuge dans cette région reculée. Ils battirent, dit-on, à partir du IXe siècle, trois cents soixante-cinq églises rupestres une pour chaque jour de l’année. La plupart sont actuellement effondrées et certaines exhibent imprudemment leur nef aux observateurs. Les mieux conservées sont la "Tokali Kilise" avec ses subtiles colonnes et la "Karanlik Kilise" et ses remarquables peintures.

Proche de Göreme, se trouve le site incroyable de la vallée El Nazar. C’est la vallée des cheminées des fées. La légende raconte que ces étranges pics coiffés de chapeaux coniques étaient les demeures favorites de fées. Plus prosaïquement, ce phénomène géologique très rare est dû à l’ancienne activité volcanique de la région. Le relief est donc composé de différents matériaux superposés en strates dont les limitations sont très précises. Le toit est formé de basalte, et le corps, de tuf. Les caprices de l’érosion les ont façonnés de la sorte. Lorsqu’on les voit depuis des hauteurs, ces étranges pics semblent être de petits lutins. Mais en réalité, lorsque l’on se trouve à leurs pieds, leurs dimensions imposent le respect.

Ce site ainsi que l’ensemble de la vallée sont uniques au monde. Ils recèlent encore une partie de l’histoire qui demeure vivante et usitée. Les milliers de cars de touristes qui sillonnent la Cappadoce chaque année en sont la preuve formelle. Chaque vestige ou chaque piton creusé peut être visité. Chaque entrée est payante. Des villes comme Göreme, Uçhisar ou Zelve se sont développées grâce à ce tourisme. L’avenir de ces cités peut sembler radieux mais les éléments naturels qui ont façonnés ces lieux vont les effacer. En effet, la nature poursuit son travail d’érosion et se moque de l’exploitation touristique des différentes vallées. D’ailleurs, les habitations sont sévèrement contrôlées pour prévenir les risques d’effondrement. Certaines sont fermées et plus aucune n’est construite car "périssable". Voilà un mot qu’aucun promoteur immobilier ne sera jamais capable d’entendre.

Alors la Cappadoce est-elle à l’agonie ? Cela semble inéluctable mais d’ici là, d’autres milliers de cars de touristes s’empliront les yeux des ces merveilles édifiées par la nature et par les hommes.

Manzoni Christophe (Destination... Le Monde)

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